Economie du Porhoët

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Nouvel Ouest - N° 86 - Septembre 2002 - SPÉCIAL Entretiens de Brocéliande 27 & 28 Septembre 2002

A la une PAYS DE PLOËRMEL / COEUR DE BRETAGNE

LE PORHOËT

LA RN 164 COMME AXE DE DÉVELOPPEMENT

Gilles Morin, le président de la communauté de communes du Porhoët, milite pour le développement économique. Bordé à l'Est par l'impressionnante forêt de Brocéliande et à l'Ouest par les hautes futaies de la forêt de Lanouée, le Porhoët (« pays à travers les bois ») se signale avant tout par la richesse de son patrimoine. L'église de La Trinité Porhoet, édifiée à partir du XIe siècle pour accueillir des pèlerins, possède un remarquable porche flamboyant du XVe (notre photo) et un retable du XIIe dont le centre présente un arbre de Jessé. Quelques kilomètres plus au Sud, le château de Mohon (où séjourna la marquise de Sévigné) jouxte le camp des Rouets (témoin magnifique de ce que furent les mottes féodales et de leur intérêt stratégique). Guilliers et son site pittoresque du château Trô (où Guéthennoc, vicomte du Porhoët édifia son château au Xe siècle) tout autant que Ménéac et ses innombrables demeures seigneuriales disent assez l'importance que les ancêtres portaient à ces terres giboyeuses qu'ils défendaient avec passion.
Le Porhoët berce aussi le visiteur de ses légendes : à Saint-Malo-des-Trois-Fontaines, la tradition prétend que l'eau de l'une des trois fontaines alignées dans le bourg ne peut bouillir. À Evriguet, l'une des plus petites communes du Morbihan, on vante les vertues miraculeuses des deux fontainesqui côtoient l'église Saint-Méen. Fiers de leurs villages respectifs, les 5560 habitants du canton sont à présent représentés par la communauté de communes du Porhoët, présidée par Gilles Morin. Le rapprochement des six acteurs locaux remonte seulement au 29 décembre 1999. Pourtant, ils ont rapidement réussi à s'entendre dans le but d'adopter la taxe professionnelle unique (TPU), tous les élus ayant perçu l'intérêt de rendre les recettes communautaires. Aujourd'hui, ce progrès sur l'esprit de clocher s'avère payant au plan économique.

Les zones artisanales prospèrent

Si la Sovipor, une entreprise de découpe de dindes installée sur la ZA Gâtichet à La Trinité-Porhoët, reste le plus important employeur local avec 160 salariés, d'autres porteurs de projets arrivent. Toujours à La Trinité, les bâtiments neufs des Plastiques du Porhoët se dressent depuis peu sur la ZA des Marettes : une trentaine d'emplois y ont été générés. À Guilliers, la ZA de la Croix Billy vient d'être créée et, déjà, ses neuf hectares ne sont plus vierges : Hervé Groseil s'y est installé pour faire prospérer son entreprise d'agencement de meubles sur mesures (où travaillent six personnes). À Mohon, c'est la ZA de Saint-Marc qu'a choisie Raymond Bret pour y développer son atelier de menuiserie. « L'extension de la ZA de Saint-Marc sur 3 à 4 ha supplémentaires est programmée » révèle Gilles Morin.

Maire de Ménéac, Yvette Folliard compte sur la proximité de la RN 164 à deux fois deux voies pour désenclaver la communauté de communes du Porhoët et attirer les PME/PMI. L'implantation de Cadr'im lui donne raison
Mais les plus gros espoirs de développement se portent sur Ménéac et la ZA du Val Bodron, à seulement 5 minutes de la RN164, l'axe à deux fois deux voies qui dessert la partie centrale de la Bretagne. Là où ne s'étendaient que des champs viennent d'éclore trois projets d'installation. Le premier concerne un atelier de fabrication, de vente de cadres et de fournitures pour encadrements dénommé Cadr'im. Dans les bâtiments, désormais opérationnels, travaillent une quinzaine de salariés. Toujours au Val Bodron, une pépinière d'entreprises voit actuellement le jour. Deux nouveaux ateliers (l'un de 362m2, l'autre de 491 m2) sont actuellement en cours de construction pour un montant proche de 3,50 MF. « Il s'agit de permettre aux entrepreneurs qui ne disposent pas de bâtiments de lancer une activité sans avoir à investir dans l'immobilier » clame Gilles Morin. Toujours dans le souci de se rapprocher et d'aider les investisseurs, les élus de la communauté de communes ont créé un poste d'animateur économique.

Internet rapproche les savoirs

Ce dynamisme envers les entreprises connaît un prolongement, en direction du grand public, cette fois, que la communauté de communes entend bien initier à l'internet grâce au projet Cybercommunes. Un animateur en informatique a été recruté dans ce sens et apprend, notamment aux jeunes, à piloter un ordinateur. «Pour les petits pays comme le nôtre,les nouvelles technologies sont un atout formidable : le savoir vient à nous et nous continuons de profiter d'un cadre de vie préservé » conclut Gilles Morin.

Loin de la bousculade que l'on connaît dans les grandes villes, le petit marché de Guilliers permet de prendre le temps de vivre.
Source Nouvel Ouest www.nouvelouest.com Photos : D.R

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